Décembre 2010
Israël prépare des plans d'urgence en cas d'implosion des systèmes financiers,
déclare le gouverneur de la Banque d'Israël, le Professeur Stanley FISCHER.
Extraits d'articles en Anglais de Eti Aflelo et D.H. en Français.
Les dirigeants économiques d'Israël font l'apprentissage des leçons de l'étranger. Après l'implosion du système bancaire aux États-Unis et en Irlande, par exemple, les dirigeants préparent des plans d'urgence pour des situations similaires en Israël. Ce n'est pas que de tels scénarios sont nécessairement attendus, mais ils pourraient théoriquement se produire.
« Si une institution financière, une banque ou une autre institution fait faillite, nous ne pouvons pas la laisser tomber comme cela a été fait pour Lehman Brothers, aux Etats-Unis. Mais nous pouvons certainement prendre les parts de son propriétaire pour rien, et la fermer, ou la vendre avec prudence » a déclaré hier, le gouverneur de la Banque d'Israël Stanley Fischer à la conférence annuelle de l'Association des Banques d'Israël.
La Banque d'Israël envisage aussi la façon dont il conviendrait de se comporter avec les porteurs d'obligations d'une banque dans une telle situation, a dit M. Fischer.
« Nous avons passé le pire, mais nous vivons dans un monde compliqué », dit-il. « Différents pays se remettent de la crise à des vitesses différentes. Certains ont restauré une croissance économique soutenue et d'autres pas », a-t-il ajouté.Il est généralement admis qu'Israël a plutôt bien résisté à la tempête mondiale. Fischer, a toutefois déclaré que des expressions telles que «îlot de stabilité » et « cette fois, nous avons appris à gérer le processus » l'inquiètent.«C'est une démonstration de suffisance », a déclaré le gouverneur. "Nous ne devons pas tomber dans la suffisance. Nous devons garder à l'esprit que les plus grandes crises ont débuté par le secteur immobilier. La politique économique de l'Irlande était excellente, mais ils n'ont pas pris suffisamment soin au fait que les banques n'auraient pas du prendre des positions aventureuses à travers le monde et croître au-delà d'une taille raisonnable. » La même chose s'est produite en Islande, a ajouté Fischer.Le mandat de la Banque d'Israël n'est pas seulement d'assurer la stabilité des banques, mais c'est aussi de protéger l'économie dans son ensemble, a dit le gouverneur.
D'où l'attention portée au marché immobilier, où les prix des logements ont fortement augmenté depuis des années. La banque centrale a réduit la demande en augmentant les taux d'intérêt sur les prêts hypothécaires élevés.Mais la véritable solution à la spirale de la hausse des prix des logements, ce qui stimule l'inflation, réside du côté de l'offre, a déclaré Fischer: «Il y a des signes que le marché a commencé à se stabiliser, mais je ne suis pas sûr que cela soit vrai : les chiffres du Ministère des Finances et du Bureau central des statistiques sont différents. Si nous ne pouvons pas stabiliser le marché immobilier grâce à des mesures gouvernementales, nous allons prendre des mesures de prudence supplémentaires ». En fait, il y a deux statistiques différentes. D'une part celle du ministère des Finances qui fait état d'une baisse de près de 20% dans le nombre d'appartements neufs vendus au cours du troisième trimestre par rapport à la même période de l'an dernier. Ce serait donc la fin de la « bulle immobilière ». D'autre part, l'Institut national des statistiques israélien, le prix des appartements neufs et anciens a augmenté de 14% depuis le début de l'année 2010. La « bulle immobilière » serait encore loin d'exploser.
Toujours à cette conférence, le ministre des Finances Youval Steinitz a déclaré qu' « Israël s'emploie à mettre en valeur ses innovations financières en les mettant à disposition des banques centrales du monde entier ; tout comme Google et Intel ont des centres ici, dit-il. Nous avons un avantage dans les technologies financières innovantes aussi. »
La crise de la dette en l'Europe étend son bras pour atteindre les banques d'Israël.
L'exposition du système bancaire d'Israël aux PIIGS s'élève à 2,7 milliards de Sheqels à la fin du troisième trimestre 2010.Le PIIGS sont le Portugal, l'Italie, l'Irlande, la Grèce et l'Espagne, qui sont tous en difficulté avec d'énormes déficits et des dettes. Une partie de l'exposition des banques israéliennes est due aux obligations gouvernementales de ces pays quelles possèdent.Sur les 2,7 milliards de Sheqels, l'exposition des banques israéliennes à la fin du troisième trimestre 2010, 1,7 milliards de Sheqels était au bilan: il s'agissait des prêts effectivement accordés, ou d' obligations émises par les gouvernements des PIIGS.982 millions de Sheqels ont été accordés hors bilan - offres de crédit principalement à des entités dans le PIIGS, aux gouvernements ou aux entreprises, qui avaient ont engagés mais pas encore exploités.
Pourtant, dans leurs rapports du troisième trimestre, les cinq plus grandes banques d'Israël ont inscrit une fraction de cette dette, 100 millions de Sheqels seulement comme exposition aux PIIGS en tant que créance douteuse - partie de la dette dont ils soupçonnent qu'ils ne pourront pas la récupérer.
Parmi les cinq plus grandes banques d'Israël, Hapoalim a la plus grande exposition aux PIIGS - 1,1 milliards de Sheqels.
Jean KAUFFMANN